Senorita

Le long de la jetée

 

Señorita

 

T'as tellement couru pour passer la frontière,

en dessous du vent qui crie.

T'avais cette ville qui se cachait sous tes paupières,

maintenant tu la vois qui luit.

Près du parc à voitures, la mort n'est qu'un jeu,

les serments qu'on murmure brûlent un peu tes yeux.

De ce côté de la ville, on atteint comme on peut le couvre-feu.

 

Señorita, Señorita,

si le trottoir bouge un peu sous tes pas,

Señorita, Señorita,

personne dans cette ville viendra pleurer sur toi,

t'étonne pas trop si ton carrosse vient pas.

 

Le ciel t'a jamais donné que de la poussière,

quand tu attendais la pluie.

Là-bas, t'étais seule, tu dansais sur les pierres,

maintenant les hommes viennent la nuit.

Quand t'auras passé ta robe en satin bleu,

quand tes talons claqueront, t'auras ce que tu veux,

tant pis si la pluie du matin coule un peu sur tes yeux.

 

Señorita, Señorita,

si le trottoir bouge un peu sous tes pas,

Señorita, Señorita,

personne dans cette ville viendra pleurer sur toi.

Qu'est-ce que tu crois ?

t'auras ce que tu veux, mais pas ça !

 

T'attends que le soleil de minuit frissonne,

pour regarder de l'autre côté de la baie.

Toutes les nuits quand l'océan résonne,

tu veilles de l'autre côté de la baie.

T'aimerais tant que tes rêves d'hier te pardonnent,

mais t'es pas de l'autre côté de la baie.

Ici, y a déjà plus rien qui t'étonne,

tu penses à l'autre côté de la baie.

Tu sais très bien que t'y arriveras jamais.

Ton voyage finit de ce côté de la baie.

 

Señorita, Señorita, Señorita.






25/10/2007

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 11 autres membres