Tout flambe

Le long de la jetée

 

Tout flambe

 

Juste avant minuit, le ciel a brillé

comme une flamme sur le désert sale.

Quelque part dans la nuit,

le serpent guettait nos drames.

Y avait plus que nous dans le noir

et personne voulait voir se lever le matin.

Depuis déjà longtemps, la pluie

faisait rouiller nos âmes.

Les églises se voyaient moins

que les poubelles en flammes.

 

Ce soir,

Babylone brade ses pyramides,

les cafards mangent la céramique,

le long du fleuve c'est la panique,

la ville pleure comme une chambre vide.

 

Plus personne court jamais dans les rues,

les trottoirs sont chauds.

Le Palais des pas perdus

ferme beaucoup trop tôt.

Y a tous les vols du soir qui ont du retard

au sud de l'aérogare.

Il paraît que tout flambe,

tous les gens veulent quitter la ville,

pendant que c'est encore facile.

Bientôt y aura plus que ceux qui traînent,

qui porteront seuls le poids de toutes les chaînes.

 

Y a cet ange qui est sorti du brouillard,

caché dans mon lit.

Si minuit vient trop tard,

faudra payer le prix.

Quand la tempête souffle un peu trop fort,

quand l'orage décoiffe les morts,

elle oublie que tout flambe.

Elle danse en plein milieu de l'avenue

sans même brûler ses pieds nus.

Y a plus personne qui la protége,

même quand la rue tend ses derniers pièges.

 

Au dessus de la ville, on voit des couleurs bizarres,

tout le monde aimerait savoir

ce qui se prépare en silence dans le noir.

Y a tellement de monde qui guette

sur les quais des gares;

c'est plus la peine d'essayer,

personne pourra s'échapper,

c'est même plus la peine d'espérer.

Y a qu'à regarder tout flamber.






25/10/2007

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