En dessous du pont

Le long de la jetée

 

En dessous du pont

 

Quand le jours devenaient plus longs,

y avait de l'ombre qu'en dessous du pont.

C'est là qu'on emmenait Rita,

faut dire qu'elle demandait que ça.

Tout le monde essayait sa chance,

on se cachait sous le pont qui danse.

On regardait les wagons de fer,

on avalait de la poussière.

Y avait pas trop de vitrines

de ce côté-ci des collines.

Y avait que des rues par derrière

et des néons près de la mer.

Roméo reprenait confiance,

 les archanges menaient la danse.

Les filles écoutaient le tocsin,

même la nuit tout allait bien.

 

Maintenant, dès que le jour se lève

et que la nuit reprend tous nos rêves,

on se retrouve au pied des dunes.

Là-bas, les petites filles qui glissent

avec leurs baisers d'artistes,

elles nous gardent même pas rancune.

Faut pas leur demander d'être sages,

pas la peine d'apporter d'images

pour les suivre près de la lagune.

Elles nous font croire qu'on a plus peur de rien,

c'est tout ce qu'on demande pour tenir jusqu'au matin.

 

Mais soudain la soufflerie

sonne comme quand on était petits,

quand on cassait les bouteilles

des perdants de la veille.

On n'osait pas se regarder,

personne pouvait s'échapper,

les paradis près de l'usine,

fallait bien qu'on s'y résigne.

On valait pas grand chose,

on voulait que le ciel explose.

On regardait la mer qui monte,

sans trop croire à ce qu'elle raconte.

Toute la nuit la petite Annie

nous faisait l'amour sous la pluie.

 

Maintenant, dès que le jour se lève

et que la nuit reprend tous nos rêves,

on se retrouve au pied des dunes.

Là-bas, les petites filles qui glissent

avec leurs baisers d'artistes,

elles nous gardent même pas rancune.

Faut pas leur demander d'être sages,

pas la peine d'apporter d'images

pour les suivre près de la lagune.

Elles nous font croire qu'on a plus peur de rien,

c'est tout ce qu'on demande pour tenir jusqu'au matin.

 

Pour ceux qui peuvent pas croire

qu'ils auront pas d'autre histoire,

pour ceux qui parlent de demain

comme si c'était déjà loin.

Pour ceux qui se collent au mur,

le cœur rouge comme une blessure,

y aura toujours des mirages

à côté de l'usine à gaz.

Nous, personne nous appelle,

personne attachera nos ailes.

Y a personne qui nous plaint,

personne qui nous parle de demain,

la nuit vient sans que personne

puisse voir trembler nos mains.

 

Pourtant, dès que le jour se lève

et que le matin reprend nos rêves,

on se retrouve au pied des dunes.

Là-bas, les petites filles qui glissent

avec leurs baisers d'artistes,

elles nous gardent même pas rancune.

Faut pas leur demander d'être sages,

pas la peine d'apporter d'images

pour les aimer près de la lagune.

Elles nous font croire qu'on a plus peur de rien,

c'est tout ce qu'on demande pour tenir jusqu'au matin.

Tout le reste sert à rien.






25/10/2007

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